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Quand les hommes et les femmes deviennent la stratégie

Dans nos échanges avec des directeurs des ressources humaines de la banque, de l’investissement et du conseil, un constat revient avec une régularité…

Thomas Ingargiola

Co-fondateur

12 août 2026 6 min
Lire avec l’IA

Dans nos échanges avec des directeurs des ressources humaines de la banque, de l’investissement et du conseil, un constat revient avec une régularité frappante : la stratégie de gestion des talents n’est plus un simple appui à la stratégie d’entreprise. Elle en est devenue une composante à part entière. Le rôle du DRH dépasse aujourd’hui largement la seule performance organisationnelle, pour englober le développement des compétences, le pilotage de la culture d’entreprise et, de plus en plus, l’impact sociétal de l’organisation.

On attend désormais des DRH qu’ils influencent directement les résultats de l’entreprise - pas seulement par leurs décisions de leadership et de gestion des talents, mais aussi en façonnant les capacités organisationnelles, la vitesse d’exécution et la résilience à long terme.

Notre produit, ce sont les personnes.

Cette phrase, entendue lors de plusieurs de nos échanges avec des DRH du secteur financier, résume un basculement de fond : le talent est désormais au cœur de la création de valeur, ce qui rend les décisions RH indissociables de celles portant sur la croissance, la performance et la réussite à long terme de l’entreprise. Les personnes ne sont plus une ressource périphérique à la création de valeur : elles en sont le moteur.

Il est tout aussi révélateur d’observer comment les DRH perçoivent eux-mêmes leur mission - non plus seulement comme des gestionnaires d’effectifs, mais comme de véritables architectes de l’avenir de leur organisation. Voici les thèmes qui reviennent le plus souvent dans nos discussions avec les DRH de nos clients.

Développer les compétences de demain, dès aujourd’hui

Une question domine régulièrement ces échanges : comment une organisation se prépare-t-elle à un avenir qui arrive plus vite que prévu ? L’IA accélère l’évolution des compétences, des rôles et des façons de travailler. Les DRH sont ainsi appelés à dépasser la simple gestion des processus RH, pour jouer un rôle beaucoup plus actif dans la préparation au changement.

Le mandat implicite qui se dessine consiste à guider l’organisation pour qu’elle anticipe ses besoins futurs en compétences - en identifiant les lacunes en amont et en s’assurant que les collaborateurs peuvent s’adapter à mesure que les priorités business évoluent. Autrement dit, la logique se déplace de plus en plus vers le développement des compétences avant même qu’elles ne deviennent indispensables.

Construire la main-d’œuvre de demain

La rareté des compétences reste une préoccupation constante, en particulier pour les organisations qui cherchent à attirer et fidéliser les jeunes talents dans un secteur financier en pleine mutation.

Les jeunes talents veulent avoir un impact réel - l’argent seul ne suffit plus à les convaincre.

Les collaborateurs recherchent de plus en plus un travail porteur de sens, un accès continu à la formation et la conviction que leur contribution compte réellement. Cette tendance pousse les entreprises à revoir en profondeur leur proposition de valeur employeur : les perspectives d’évolution et l’utilité concrète du poste occupé pèsent désormais presque autant que la rémunération dans les décisions de carrière.

Une question plus large se pose également : quel rôle les entreprises doivent-elles jouer pour préparer les jeunes talents au monde du travail de demain ? Dans le secteur des services financiers en particulier, cette question dépasse largement le périmètre de chaque organisation prise isolément.

La culture, une responsabilité partagée - pas seulement RH

La culture d’entreprise ressort comme un thème central dans nos échanges avec les DRH. Si la fonction RH joue un rôle clé dans sa construction, un point fait consensus : la culture reste, en dernier ressort, une responsabilité de l’ensemble du leadership.

Les personnes sont au cœur de tout.

Une culture inclusive, la confiance, l’accès facilité au leadership, un objectif clair et le sentiment d’être vu et valorisé - tous ces éléments nourrissent directement l’engagement et la performance. C’est précisément pour cela que la responsabilité de la culture d’entreprise ne peut pas reposer sur les seules équipes RH : les dirigeants généraux et les comités exécutifs doivent s’approprier pleinement la stratégie RH, en rendant la responsabilité liée à la culture et aux résultats des équipes visible, explicite et partagée à l’échelle de toute la direction.

Façonner l’écosystème des talents, au-delà de sa propre organisation

Nos échanges avec les DRH révèlent aussi les limites d’une approche de la gestion des talents centrée uniquement sur l’entreprise. Les filières de compétences, l’employabilité, le développement des jeunes générations et l’accès à la formation façonnent la main-d’œuvre de demain - en particulier dans des contextes marqués par de vrais obstacles structurels.

Beaucoup de ces défis dépassent largement les capacités d’une seule organisation. D’où un besoin croissant de collaboration entre entreprises, institutions et acteurs de l’écosystème - coalitions sectorielles, partenariats et une conception plus large de la responsabilité organisationnelle. Vu sous cet angle, le DRH ne se contente plus de garantir les capacités internes de son organisation : il devient un acteur qui contribue à façonner des résultats sociétaux plus larges.

Le pouvoir sous-estimé du dialogue

L’un des enseignements les plus inattendus qui ressort de nos échanges concerne la valeur du dialogue lui-même.

On sous-estime largement l’importance de la conversation et du temps consacré à la réflexion.

Dans des environnements marqués par la rapidité d’exécution et la pression du résultat, les occasions de prendre du recul se raréfient. Pourtant, créer un espace où les dirigeants peuvent réellement s’arrêter, questionner leurs certitudes et confronter leurs points de vue reste essentiel. Le leadership exige de l’action, mais tout autant de la réflexion : la capacité à appréhender la complexité compte au moins autant que celle d’y répondre dans l’urgence. En ce sens, favoriser le dialogue fait désormais pleinement partie du rôle du DRH.

De l’intuition à l’action : les priorités qui se dégagent

Malgré la diversité des points de vue, plusieurs priorités reviennent avec constance dans nos échanges avec les DRH du secteur financier :

  • traduire les valeurs de l’entreprise en comportements mesurables, renforcés de façon cohérente dans la durée ;
  • développer les capacités organisationnelles à grande échelle ;
  • faire basculer la fonction RH d’une logique de conformité vers une logique de création de valeur ;
  • renforcer les écosystèmes pour répondre aux défis systémiques liés aux talents ;
  • rendre les dirigeants pleinement responsables de la culture et du développement de leurs équipes.

Le point commun à toutes ces priorités : l’agenda du DRH devient plus stratégique, plus interconnecté, et de plus en plus tourné vers la résilience organisationnelle de long terme.

Un mandat élargi pour le DRH

Ce que nous observons de façon constante chez les DRH que nous accompagnons est sans ambiguïté : le rôle se redéfinit et s’étend nettement au-delà de ses frontières traditionnelles. On attend désormais des DRH qu’ils aident leur organisation à se préparer à la transformation des effectifs, à construire des cultures qui portent la performance, à absorber les bouleversements technologiques et à contribuer au développement des talents de demain.

Le talent reste au cœur de leur fonction. Ce qui a changé, c’est l’ampleur des responsabilités qui l’accompagnent désormais. Alors que les organisations financières se projettent vers l’avenir, les DRH les plus efficaces seront ceux capables de faire le lien entre les personnes, la performance et le progrès sociétal de long terme - en ayant pleinement conscience que l’avenir de leur organisation est indissociable de celui des talents dont elle dépend. C’est précisément sur ce terrain que Raizo accompagne les DRH de ses clients de la banque, de l’investissement et du conseil.

L’auteur

Thomas Ingargiola

Co-fondateur Raizo

Les vraies fourchettes de rémunération finance 2026.

L’étude complète, par fonction et séniorité. Données collectées sur 50+ mandats clos.

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